Ce qui change vraiment quand une entreprise française opère en Espagne
La France et l’Espagne sont toutes deux dans l’Union européenne, et l’on en déduit souvent que le cadre sera pratiquement identique. Les différences qui posent le plus de problèmes ne sont pas les grandes : ce sont les détails opérationnels.
La comptabilité ne se traduit pas, elle se refait. Le Plan General de Contabilidad espagnol et le Plan Comptable Général français ne partagent pas la même structure de comptes. Une filiale espagnole doit tenir sa comptabilité conformément à la norme espagnole, et votre maison mère a besoin de ces mêmes chiffres dans son propre référentiel pour consolider. Cette double lecture représente du travail, et il vaut mieux la régler dès la première écriture plutôt que de la reconstruire à la clôture.
La convention fiscale est la pièce qui décide de la facture. La convention entre le Royaume d’Espagne et la République française en vue d’éviter les doubles impositions a été signée à Madrid le 10 octobre 1995 et publiée au BOE le 12 juin 1997, avec un échange de lettres postérieur de 2005. Elle détermine l’imposition des dividendes que la filiale remonte à la maison mère, des intérêts de financement intragroupe et des redevances. L’appliquer correctement ou pas change le résultat de façon substantielle, et elle ne s’active pas toute seule : il faut justifier la résidence fiscale dans les délais et dans les formes.
Les opérations avec la maison mère sont surveillées. Dès que la filiale espagnole facture son groupe ou reçoit des services de sa part, elle entre dans le champ des opérations liées : prix de transfert documentés et, au-delà de certains seuils, obligation déclarative. C’est l’un des points de contrôle habituels et l’un de ceux où une filiale récemment constituée se retrouve souvent à découvert.
La Belgique, la Suisse et le Luxembourg ont également une convention avec l’Espagne, chacune avec ses particularités. Le raisonnement est le même ; les taux et les conditions, non.
- Comptabilité espagnole conforme au PGC, avec lecture parallèle pour la consolidation du groupe
- Application de la convention franco-espagnole de 1995 aux dividendes, intérêts et redevances
- Documentation des prix de transfert sur les opérations avec la maison mère
- Certificats de résidence fiscale demandés dans les délais, et non après coup
