Loi Beckham vs. Régime Général IRPF vs. Imposition en France — Comparaison Complète
La différence entre être imposé sous la Loi Beckham, sous le régime général de l’IRPF espagnol ou sous le régime français peut représenter une économie de dizaines de milliers d’euros annuels pour un dirigeant avec une rémunération à partir de 100.000 €. Voici une comparaison rigoureuse basée sur la réglementation en vigueur en 2026.
Taux d’imposition — Revenus du travail :
- Loi Beckham : taux fixe de 24 % sur les premiers 600.000 € de revenus du travail. L’excédent est imposé à 47 %. Pas de minimum personnel ni familial, mais pas non plus de déductions complexes.
- Régime général IRPF espagnol : barème progressif état + communauté autonome de 19 % (premiers 12.450 €) à 47 % (à partir de 300.000 €). Dans la Communauté de Madrid, le taux marginal maximum combiné est de 45,5 % à partir de 300.000 €.
- Régime français : barème progressif IR de 0 % à 45 % (à partir de 177.106 €), plus CSG de 9,2 % et CRDS de 0,5 % sur les revenus d’activité (dont 6,8 % déductibles). Le taux marginal effectif peut dépasser 50 % tous prélèvements confondus.
Exemple pratique avec un salaire brut de 200.000 €/an :
- Beckham : 200.000 × 24 % = 48.000 € d’impôt.
- Régime général Espagne (Madrid) : environ 72.900 € (après minimum personnel).
- France (IR + CSG/CRDS) : environ 68.000-75.000 € selon situation familiale.
- Économie Beckham vs. France : environ 20.000-27.000 € par an.
Exemple avec un salaire brut de 400.000 €/an :
- Beckham : 400.000 × 24 % = 96.000 €.
- Régime général Espagne (Madrid) : environ 165.800 €.
- France (IR + CSG/CRDS) : environ 165.000-175.000 €.
- Économie Beckham vs. France : environ 69.000-79.000 € par an, soit plus de 400.000 € sur 6 ans.
Impuesto sobre el Patrimonio : Sous la Loi Beckham, le contribuable est imposé comme non-résident à l’Impuesto sobre el Patrimonio, ce qui signifie qu’il ne paie que sur les actifs situés en Espagne. En régime général, un résident fiscal est imposé sur son patrimoine mondial. Pour les dirigeants français détenteurs de patrimoine significatif hors d’Espagne (immobilier, comptes, investissements), cette différence peut être encore plus importante que l’économie sur l’IR. En France, l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) ne concerne que les actifs immobiliers > 1,3 M €, tandis que l’Impuesto sobre el Patrimonio espagnol est plus large mais ne s’applique au régime Beckham que sur les biens en Espagne.
Impuesto de Solidaridad de las Grandes Fortunas (ISGF) : Bien que la Communauté de Madrid bonifie l’Impuesto sobre el Patrimonio à 100 %, l’ISGF (Ley 38/2022, validité indéfinie depuis le RDL 8/2023) est un impôt d’État complémentaire qui frappe les patrimoines nets supérieurs à 3.000.000 €. Les contribuables Beckham sont imposés par obligation réelle (uniquement biens en Espagne), mais si leur patrimoine en Espagne — par exemple, un logement de standing, des participations dans la filiale ou des comptes bancaires — dépasse 3 M €, ils seront soumis à l’ISGF.
Modèle 720 — Déclaration de biens à l’étranger : Les personnes sous Beckham, étant imposées comme non-résidents, ne sont pas tenues de déposer le Modèle 720. En passant au régime général, cette obligation s’active si les seuils sont dépassés (50.000 € par catégorie d’actif). La transition doit être soigneusement planifiée.
Revenus de l’épargne : Tant sous Beckham qu’en régime général, les revenus de l’épargne de source espagnole sont imposés par tranches : 19 % jusqu’à 6.000 €, 21 % de 6.000 à 50.000 €, 23 % de 50.000 à 200.000 €, 27 % de 200.000 à 300.000 €, et 28 % au-delà. La différence est que sous Beckham, les revenus de l’épargne de source étrangère sont exonérés.
- Économie pouvant atteindre 79.000 €/an pour des salaires de 400.000 € (Beckham vs. France)
- Exonération de l'Impuesto sobre el Patrimonio pour les actifs hors d'Espagne pendant 6 ans
- Pas d'obligation Modèle 720 sous le régime Beckham
- Revenus de l'épargne de source étrangère exonérés sous Beckham
- Économie cumulée sur 6 ans pouvant dépasser 400.000 € pour les dirigeants senior
