Exigences KYC/AML pour Entreprises Étrangères dans la Banque Espagnole
Le cadre normatif espagnol de prévention du blanchiment de capitaux s’articule autour de la Ley 10/2010, du 28 avril, et de son règlement d’application (Real Decreto 304/2014). Cette réglementation transpose les directives européennes anti-blanchiment, actuellement la Cinquième Directive (5AMLD, Directive 2018/843/UE), et impose aux établissements financiers espagnols des obligations d’identification, de connaissance client et de communication des opérations suspectes au SEPBLAC.
Pour l’ouverture de comptes à des entreprises avec des titulaires non résidents, les banques appliquent des mesures de diligence renforcée (art. 11 Ley 10/2010). Cela implique : identification formelle de la personne morale par ses statuts et certificat de bonne standing, identification de tous les bénéficiaires effectifs (UBO, Ultimate Beneficial Owner) avec participation directe ou indirecte ≥ 25 % du capital ou des droits de vote, vérification de l’origine des fonds, compréhension de l’objet et de la nature de la relation d’affaires, et suivi continu de la relation.
L’identification des bénéficiaires effectifs est fréquemment le plus grand obstacle. Depuis l’entrée en vigueur de la 5AMLD, les banques espagnoles exigent une documentation attestant la chaîne de détention jusqu’aux personnes physiques ultimes qui contrôlent l’entreprise, quel que soit le nombre de couches sociétaires. Pour les structures complexes avec plusieurs niveaux de holding, cela peut nécessiter de la documentation de plusieurs juridictions. Pour les sociétés françaises, le registre des bénéficiaires effectifs tenu par les greffes des tribunaux de commerce (obligations de la loi Sapin II) facilite cette démarche.
Depuis 2020, les banques espagnoles ont considérablement durci leurs processus KYC pour les entreprises étrangères. Compter sur un intermédiaire professionnel comme Euroaccounts, avec des relations établies auprès des départements de banque d’affaires internationales des principales banques, multiplie significativement les chances d’ouverture réussie et réduit les délais.
Les documents étrangers doivent être apostillés conformément à la Convention de La Haye de 1961 et traduits par traducteur assermenté en espagnol. Les états financiers doivent être des deux derniers exercices clos et, de préférence, certifiés par un commissaire aux comptes. Les références bancaires internationales émises par la banque de la société mère facilitent grandement le processus.
- Ley 10/2010 et RD 304/2014 : cadre espagnol de prévention du blanchiment
- 5AMLD (Directive 2018/843/UE) : standard européen en vigueur
- UBO obligatoire : identification des personnes physiques avec ≥ 25 % de contrôle
- Diligence renforcée pour titulaires non résidents (art. 11 Ley 10/2010)
- Documents : apostille + traduction assermentée + états financiers certifiés
